Père !
A l'Espace Monoprix, au premier étage de ce supermarché Arlésien, se tiennent chaque année pendant Les Rencontres de la Photographie plusieurs expositions, souvent de grands formats (l'espace est vaste) et dans une lumière propice à l'expérimentation et à l'introspection.
Je vous présente ici une série de photos de l'exposition "Père" de Diana Markosian.
Je me suis souvent demandé ce que le fait d’avoir un père aurait pu représenter. Je me le demande encore aujourd’hui.
(Diana Markosian)
Tout au long de ma vie, mon père n’a représenté qu’une silhouette dans l’album de famille. À l’âge de 7 ans, ma mère nous a réveillé mon frère et moi dans notre appartement à Moscou et nous a dit de faire nos valises.
(Diana Markosian)
Née à Moscou, Diana Markosian a sept ans lorsque sa mère la réveille en pleine nuit et lui annonce qu’elles partent en voyage.
Avec l’effondrement de l’Union soviétique, le mariage de ses parents a pris fin.
La famille embarque sur un vol pour les États-Unis, sans avoir dit au revoir au père.
Le lendemain, le père de Diana Markosian trouve l’appartement vide avec un mot laissé par sa femme sur la table de la cuisine.
Sa famille a quitté les lieux. C’est le début d’une recherche qu’il mènera pendant 15 ans afin de retrouver Diana Markosian et son frère.
Une fois en Californie, la mère de l'artiste découpe l’image du père sur les photos de famille. Son absence provoque chez Diana Markosian un profond sentiment de mystère et de confusion. Dans sa première monographie, Santa Barbara (2020),
l’artiste s’est confrontée à son histoire familiale. Le projet recréait l’itinéraire de sa famille de la Russie post-soviétique aux États-Unis dans les années 1990. Le film, la publication et l’exposition évoquaient la décision de sa mère de quitter son pays et de consentir à un sacrifice ultime pour devenir américaine. Quinze ans après l’avoir vu pour la dernière fois, sans photographie pour se souvenir de lui ni d’adresse pour l’orienter, Diana Markosian part à la recherche de son père en Arménie. La rencontre avec celui qui est désormais un étranger porte en elle un sentiment du temps perdu.
Portrait intime, Père relate le parcours complexe d'un père et de sa fille pour tenter de reconstruire le socle émotionnel qu’ils partageaient autrefois. À travers photographies documentaires, archives et images vernaculaires, l'artiste explore l'absence de son père, leur réconciliation et le sentiment commun de vide laissé par leur longue séparation.
(Claartje van Dijk - Commissaire de l'exposition)
Elle (ma mère) a découpé sa photo dans tous les albums de famille. Pour moi, ces espaces vides l’ont rendu plus difficile à oublier
(Diana Markosian)
Sa maison ressemble au musée de mon enfance. Les peintures à l’huile de mon grand-père et nos photos de famille décorent les murs. Des boîtes en fer-blanc à pois jonchent les étagères de la cuisine. Les jouets d’enfance de mon frère sont rangés dans un placard
(Diana Markosian)
When I look at the work I did on my father, all I can say is the little girl in me, had to meet him. Photography gave me the courage to find him, and more importantly, to stay.
(Diana Markosian)
Je ne voulais pas être définie par l’absence de mon père, ou par des sentiments en suspens que je ressentais envers lui. J’ai fini par réaliser que j’avais besoin de confronter ce silence, pas seulement dans le but de comprendre qui il était, mais pour me réapproprier ce pan de mon histoire. J’étais prête à le rencontrer et à affronter n’importe quelle vérité à son sujet, aussi douloureuse ou libératrice qu’elle soit. Je voulais prendre le dessus sur cette expérience, plutôt que de continuer à affronter un vide.
(Diana Markosian)
I had so many ruptures as a kid. My work is often about the past. I think it is one way I’ve tried to understand my childhood. I find myself traveling back to Russia, to the Caucasus. There’s a certain familiarity to it. A warmth that I am longing for in my own world – perhaps the same sort of warmth I had in my childhood in Armenia.
(Diana Markosian)
When I look at the work I did on my father, all I can say is the little girl in me, had to meet him. Photography gave me the courage to find him, and more importantly, to stay.
(Diana Markosian)
Merci d'avoir visité cette émouvante exposition en ma compagnie.
_____________ Cliquez sur les images pour les voir en grand ____________________
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