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Les ruines de Paris.

Publié le par big-bear-photos

Les ruines de Paris.
Les ruines de Paris.

Galerie Polka, exposition "Les ruines de Paris" Yves Marchand&Romain Meffre, novembre 2024.
Quand des photographes s'amusent avec L'IA !

Et si soudain, Paris la ville Lumière s’éteignait, rayée de la carte, vidée de ses habitants, telle la mégalopole déserte d’un empire déchu ? A la manière de Will Smith en dernier humain vivant, déambulant au coeur d’une New York de fin du monde dans Je suis une légende, Yves Marchand et Romain Meffre, traduisent dans Les Ruines de Paris, leur fantasme dystopique.
Explorant la ville et se jouant des symboles touristiques et culturels qui font l’image de la capitale, le duo de photographes spécialistes et précurseurs de l’urbex, nous plonge dans un décor post-apocalyptique, sorte de métaphore visuelle de notre inquiétude face à la généralisation des intelligences artificielles. Avec l’accélération du flux de transmission des données et le développement exponentiel de la puissance de calcul, ces technologies sont soudain devenue palpables, s’extirpant des domaines du dérisoire et de la science-fiction.
Tout comme les peintres du XIXe furent confrontés à l’apparition de l’invention photographique, cette réalité a déclenché chez Yves Marchand et Romain Meffre de nouvelles velléités créatives, dans la lignée de quelques explorateurs d’un genre nouveau : Louis-Cyprien Rials, Eric Tabuchi ou encore Brodbeck & de Barbuat. La machine devient un nouvel outil pour explorer le motif de la ruine et la représentation de sa destruction créatrice.
Lorsque qu’il y a plus de vingt ans, ils commencent à visiter des ruines, Marchand & Meffre passent rapidement de l’excitation de la découverte à un sentiment de sidération face à la qualité patrimoniale des édifices qu’ils découvrent à l’abandon. Comme les Becher devant les charbonnages néogothiques du nord de l’Europe ou Robert Polidori dans la vieille Havane, la photographie leur permet de se souvenir de « ce qui a été » (Roland Barthes) avant que ces ruines ne disparaissent, parfois réhabilitées, souvent démolies.
Entre pastiche et exercice de style, l’IA permet au duo de réaliser le fantasme de voir Paris quand elle ne sera plus, en avant-première. Vérifiant du même coup l’hypothèse de l’essayiste américain Alan Weisman dans Homo disparitus (2007) qui s’intéresse aux conséquences, notamment en terme d’infrastructures, d’une brutale disparition de l’espèce humaine sur la planète Terre...
« Lorsque nous sommes tombés sur les premières images convaincantes générées par IA fin 2022, nous sommes restés un temps incrédules. Suffisait-il de “prompter” quelques mots pour obtenir des images plus vraies que nature ? Le problème, c’est que l’imagination nous conduit souvent au même endroit. Et que la génération par IA nous expose à une infinité de choix qu’il faut contraindre... Il faut savoir précisément où l’on va, tout en le cherchant avec flexibilité. »
Et ce n’est que le début. « Il n’est pas forcément facile pour un photographe d'identifier une bonne lumière, mais il est en réalité encore plus difficile de la reproduire artificiellement » ajoutent Marchand & Meffre. Pour faire exister ce projet, il leur a fallu produire plus de 52000 images, soit une moyenne de 650 générations pour l’obtention d’une image, sans compter celles modifiées et réinjectées dans Midjourney, les leurs, qui servaient souvent de référence esthétique ou architecturale. Ainsi que celles par la suite recomposée sur Photoshop après extrapolation.
Grâce à la puissance de synthèse visuelle de l’IA, Marchand et Meffre livrent dans leurs Ruines de Paris leurs capricci, ces vues d’après nature chères aux maitres flamands et vénitiens, d’un Paris qu’on connaît trop bien. Comme Hubert Robert, grand artiste de l’imaginaire poétique et conservateur de ce qui allait devenir le musée du Louvre, peignant en 1796 au soir de la Révolution, les ruines de la Grande Galerie du musée, à peine celle-ci aménagée.
" Tout cela était quand l’IA répondait à nos demandes, ajoutent Marchand & Meffre. Il était parfois difficile d’obtenir des images qu’elle ne pouvait “concevoir” n’étant pas suffisamment encore entrainée pour comprendre certains paradoxes. " Tels qu’une piscine vide, sans eau. Ou bien un Moulin Rouge, archétype de Paris, mais sans ses ailes... "Nous avons passé une nuit à essayer de “prompter” la machine pour délabrer et casser les ailes du pauvre moulin : “broken wings”, “dilapidated wings”... En vain.
C’était dans nuit du 23 au 24 avril 2024. Vingt-quatre heures plus tard, nous découvrions au matin, avec un frisson nous parcourant l’échine, que la presse titrait “Le célèbre Moulin Rouge a perdu ses ailes, tombées durant la nuit”. Avait-on ouvert la boîte de Pandore" ?
Yves Marchand&Romain Meffre. (Texte du site de la galerie)

Les ruines de Paris.

Tous les hommes ont un secret attrait pour les ruines. Ce sentiment tient à la fragilité de notre nature, à une conformité secrète entre ces monuments détruits et la rapidité de notre existence.
(Chateaubriand)

 

Les ruines de Paris.
Les ruines de Paris.

la photographie nous semblait être le moyen le plus logique et le plus démocratique pour conserver un petit peu de cet état des choses, de ces lieux et de leur histoire.
(Yves Marchand&Romain Meffre)

Les ruines de Paris.

Prendre des images de ruines est toujours une course contre la montre
(Yves Marchand&Romain Meffre)

Selfish !

Selfish !

Le selfie, j'appelle ça un selfish (égoïste, en anglais). Il traduit la suffisance de notre époque. On n'est plus face au monde, on lui tourne le dos.
(Rachida Brakni)

Les ruines de Paris.

Un peu de repos après cette futuriste et catastrophique exposition :-)

Les citations sont les béquilles des écrivains infirmes.
(Paul Morand)

Voir d'autres photos de l'expo sur le site de la Galerie Polka 

_____________ Cliquez sur les images pour les voir en grand ____________________

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